Comme pour tous les poulains, il faut dès le plus jeune âge préparer des bases de vie seines. Tout ceci passe par la désensibilisation de toutes les choses inconnues qui sont susceptibles de faire peur à nos futurs partenaires.
Ceci est d'autant plus vrai pour les mules et mulets qui ont un caractère beaucoup plus trempé. Contrairement à un cheval ils auront plus tendance à affronter ou "encaisser" un problème plutôt que de le fuir.
Faire l'éducation d'un mulet est donc nouveau pour moi. Depuis le jour de sa naissance, Pretzel m'a déjà prouvé qu'il n'est pas un poulain et qu'il ne faut pas que je réagisse de la même manière qu'avec eux. Il ne fuit pas mais attend de voir ce que je vais lui proposer comme nouveauté à chaque fois que j'arrive dans le box. Waki sa mère est très compréhensive et me laisse totalement libre lorsque je suis près de Pretzel. Elle est toutefois toujours présente pour le rassurer dès qu'il bouge trop à son goût.
Son éducation a commencée par le licol le lendemain de sa naissance. Un licol au box et une fois la gène qu'engendre cette nouvelle contrainte passée, j'ai ajouté une petite longe d'une longueur d'un mètre. De cette manière il a apprit à céder à la tension lorsqu'il marchait dessus. C’est très bénéfique et le travail de cession se fait "seul" puisque le mulet/poulain est livré à lui même face à ce problème. En à peine quelques jours, la leçon est acquise et le sortir en longe avec sa mère ne pose plus de soucis.
Sa naissance au mois d'Avril nous permet de le sortir plus rapidement en extérieur, le temps et les températures étant plus clémentes. Tout d'abord dans le rond de longe, c'est un endroit bien encadré car à seulement un jour, la vision du nouveau né n'est pas encore très bonne.
Ensuite dans un petit parc avec de l'herbe (surtout pour maman d'ailleurs!!), bien entouré de fil électrique voyant. Certains n'approuveraient pas, mais pour cette première expérience avec les "fils qui font mal...», je le tiens avec une grande longe pour lui laisser un maximum de liberté. Simplement pour être certaine qu'il ne va pas sauter dans les fils au moment du contact et éviter qu'il ne s'entortille dedans.
Pour certains poulains nés chez nous, il aura fallu plusieurs jours pour qu'ils fassent le rapprochement entre le "coup de jus" et le fil, pour Pretzel il n'aura fallu qu’une seule fois. Certe pendant l'heure qui à suivie il est resté au milieu du paddock à se demander ce qui lui était arrivé, mais très vite je me suis rendu compte qu'il regardait et sentait les fils pour voir si ce qui c'était passé était bien ce qu'il avait compris..."Oui, c'est bien ça, ces rubans de couleur il ne faut plus y toucher, ça fait pas du bien...!". Bien sur dans les jours qui ont suivi il y a touché plusieurs fois par inadvertance mais cela n'a fait que renforcer ce qu'il savait déjà. Le voilà maintenant près à "nager dans le grand bain" pour le plus grand bonheur de Waki qui en avait bien assez de regarder l'herbe verte pousser de l'autre coté du fils!!
J’ai omis de vous dire que pendant ces quelques jours, j'ai aussi travaillé le touché sur tout le corps de Pretzel, en particulier ses oreilles, pas facile de s'immiscer entre ! Il donne aussi les pieds, une grande chose pour un mulet à ce qu'il parait...Il remet en cause tous les jours, ceci a été travaillé plusieurs fois par jours, au box et au paddock. Un jour il a fini plaqué au sol jusqu'à soumission total et acceptation. En seulement quelques minutes il en dormait presque par terre, puis il s'est gentiment remis debout et a mâchonné, bref, il vaut mieux user de sa force lorsque qu'on est encore capable de prendre le dessus. Depuis c'est chose réglée, mais je m’attends à bien d'autres surprises...
Sa désensibilisation à continuée par la tondeuse. Objet qui fait partie intégrante de la vie d'un mulet !
Comme le moment était venu pour Bidule de passer à la tonte, j'ai attaché à proximité Waki et Pretzel. De cette manière il pouvait déjà se désensibiliser au bruit de celle-ci le temps que je tonde Bidule.
Il m'aura tout de même fallu une bonne heure pour finir Bidule !
A petites doses homéopathiques, je m’approchais de lui, lui posais la tondeuse sur plusieurs parties du corps et dès qu'il cessait de bouger je retournais à ma belle Bidule. Et je suis cette démarche pendant toute une heure.
Puis vient le tour de Pretzel, "cette fois c'est la bonne mon petit, je vais te tondre la crinière" et Zip, c'était fait. Sauf une petite touffe entre les oreilles, Haaa...les oreilles, c'est quelque chose chez lui !
Je m'attarde un peu plus sur cet endroit sensible sans arrêter la tondeuse. Je lui la glisse entre les oreilles, mais à l'envers pour ne pas risqué de le blesser et toujours en contact avec sa peau. Car en fin de compte, ce n'est pas le bruit qui le dérange mais les vibrations que provoque la tondeuse. Après un peu de patience, tout est fini, les oreilles restent sensibles mais ça viendra !
En seulement 10 jours, Pretzel a déjà fait bien des expériences et les à toutes passées avec succès. Je ne souhaite qu'une chose, c'est que ça continu sur ce chemin...
